Laurence Ortega

Je suis nantaise et j’ai toujours peint, seule ou en atelier. J’ai fait ma première exposition personnelle en avril 2000.

Sur des krafts épais, froissés, sur du carton ou sur du bois enduit de pâte à papier, je frotte plus que je ne peins ; au pinceau, je préfère largement un tampon, une éponge ou un vieux chiffon. Les couleurs et les ambiances évoluent lentement et par à- coup, car lorsque je trouve quelque chose, je l’utilise jusqu’à ce que j’ai plus ou moins épuisé la trouvaille en question. Parfois c’est une impasse : il peut y avoir alors une toile un peu « hors-série » par rapport aux autres.

Je peins de préférence à la lumière artificielle, des formats assez grands, aux cadrages quasi-photographiques, influencés par les univers très sombres du roman noir et de la bande dessinée. Le résultat final permet de créer des sensations nouvelles pour le spectateur, qu’il n’aurait pas dans la vie réelle, ou de ressentir des impressions déjà fugitivement perçues. Le mélange des deux : la réminiscence et l étrangeté, provoque un plaisir trouble, que je ne ressens, pour ma part que devant des tableaux. J’espère qu’il en est de même pour les spectateurs de mes toiles.